Cliquez pour agrandir


Plan de Lavardin (1680) Plan du château

 

Lavardin voit ses origines remonter à l'époque gallo-romaine. À cette époque on extrayait déjà le minerai de fer de la pierre de roussard. Dès la fin du XIème siècle, on trouve le nom latin de Tusseio. La seigneurie de Tucé (ou Tussé) était une ancienne châtellenie, qui fut longtemps unie à la baronnie de Milesse. Ses seigneurs, que ce soit des maisons de Tucé, de Beaumanoir ou de Froullay, furent les plus puissants du Maine. À la mort de Baudouin de Tucé en 1529, la châtellenie passa dans les mains de François de Beaumanoir, baron de Lavardin. La seigneurie de Tucé fut ensuite réunie au marquisat de Lavardin en 1601. Les Beaumanoir firent du château de Tucé leur résidence et le centre administratif de leur marquisat (il y avait de nombreux notaires). Tucé pris alors peu à peu le nom de Lavardin. Le marquisat passa à René de Froullay, comte de Tessé, en 1726. L’ensemble des documents concernant ces trois familles qui ont survécu aux incendies, à l’usure et aux révolutions, est spectaculaire et constitue une grande partie de la série E des archives départementales de la Sarthe.

 

La maison de
Tucé
La maison des Beaumanoir La maison de Froullay

 

La Maison de Tucé (ou de Tussé)


Cette famille a possédé la seigneurie de Tucé (actuelle commune de Lavardin et la baronnie de Milesse. En 1050, Odon de Tucé (Odonis de Tusseio) signa l’acte de fondation du prieuré d’Auvers. On trouve ensuite le nom de Foulques de Tucé (Fulconis de Tusseio) en 1071 et celui de Guillaume de Tucé (Wilhelmus de Tusseio) en 1096. Dans les dernières années du douzième siècle vivait Foulques de Tucé (de Tusseio), seigneur de Launay à Tennie, marié à Ildeburge, dont il eut au moins quatre enfants : Herbert de Tucé, Guillaume de Tucé, Henri de Tucé et Alix de Tucé, vivants vers 1220.
Herbert de Tucé, chevalier, marié à Béatrix, était sénéchal du Mans de 1205 à 1214. Vers 1220, il donna à l'abbaye de Champagne son four de Cures, du consentement de Foulques de Tucé, son fils, en présence de nombreux témoins, notamment de Guillaume et de Henri de Tucé, ses frères, d'Ildeburge, sa mère, d'Alix, sa sœur, et de Pierre de Tucé. Il vivait encore en 1232.
Henri de Tucé, fils de Foulques de Tucé et de Ildeburge fut chanoine de St Pierre sous le décanat de Foulques de Moulins (1188-1200). Vers 1200, il était chantre de St Pierre. Henri de Tucé fut peut-être le fondateur de la Sous-Chantrerie.
Foulques de Tucé, chevalier, assigna, en 1269, sur ses cens de Conlie, des rentes jadis données à l'abbaye de Champagne par Herbert de Tucé et Béatrix, ses père et mère, et Foulques de Tucé, son aïeul. L’un de ses sceaux datant de 1222 est toujours conservé. Il s’agit du plus vieux de la maison de Tucé qui nous soit parvenu. On y voit ses armes : écu losangé, au sautoir brochant.
En 1233, Herbert de Tucé, qui fut chanoine de Saint-Pierre de 1239 à l246, cèda au Chapitre de Saint-Pierre la métairie de l'Aulnay à Connerré. Sa tante, Agnès de Tucé, abbesse du Pré, confirme cette donation. Il s’agit peut-être du fils du sénéchal Herbert de Tucé.
Au vu des ressemblances entre les écus des armes de Tucé et de celles des Riboul, certains effectuent un rapprochement entre ces deux puissantes familles locales.Les personnages suivants intervinrent souvent aux côtés du Roi de France dans la guerre qui l’opposait aux Anglais. Dès 1292, on trouve la trace d’un Guillaume de Tucé.

Huet de Tucé
En 1299 ou 1300, Huet, Seigneur de Tucé, écuyer, accorda une rente à l’abbaye du Pré. Sa sœur Isabeau y était religieuse. Il se serait marié à l’héritière de la baronnie de Milesse. Par la suite, les seigneurs de Tucé restèrent barons de Milesse.

Pierre de Tucé
Le fils aîné de Hugues de Tucé et d’Alix d’Anthenoise, Pierre de Tucé, chevalier, devint seigneur de Courmenant en 1345, par son mariage avec Jeanne de Courmenant (voir article détaillé Donjon de Courmenant). Il fit la guerre de Saintonge en 1351, sous le commandement de Amaury IV de Craon. Il eut au moins deux fils : Guillaume de Tucé et Jean de Tucé.

Jean de Tucé
Jean fut chevalier. Après avoir servi dans la compagnie de son frère, il commanda sa propre compagnie. Sous ses ordres étaient deux autres chevaliers et treize écuyers dont Huet de Tucé, seigneur de la Lantonnière, et Richard de Tucé, seigneur de Bouër. Fidèle chambellan du Roi Charles VI de France, il fut gouverneur de Guise et sénéchal de Provence en 1403. Il devint seigneur de la Guierche en 1407. En 1411, en tant que gouverneur du Mans, il organisa avec succès la défense de la ville contre les Anglais. Il mourut en 1417 sans enfant.

Guillaume de Tucé
Guillaume fut seigneur de Tucé et de Courmenant et baron de Milesse. Il était chevalier et servit en Bretagne sous Amaury IV de Craon en 1369 et sous Jean de Breuil en 1380. Il mourut en 1382. Il avait épousé Jeanne d’Aillières et avait eu 6 enfants : - Guillaume de Tucé - Béatrice de Tucé - Catherine de Tucé, religieuse d’Etival en 1390, prieure de la Fontaine St Martin en 1428 et enfin abbesse d’Etival, mourut en 1440. - Jean de Tucé, écuyer, mourut en 1405 à Paris - Marie de Tucé épousa Jean de Montfaucon - Raoul de Tucé épousa Anne de Neuvilette. Ils eurent Julienne de Tucé, qui épousa Baudouin de Champagne après le décès de Jeanne de Tucé en 1458.

Guillaume de Tucé
Les armes de Guillaume de Tucé : écu de sable, à trois jumelles d’argent, au lambel de gueules
Guillaume fut chevalier, seigneur de Tucé, Villers, Courmenant, la Guierche et baron de Milesse. Il commandait en 1370 une compagnie dans laquelle servaient Camus de Tucé, Pierre de Tucé, Jean de Tucé et Huet de Tucé, tous écuyers. Cette compagnie se trouvait à Caen en 1371, au Mans en 1380, à Angers en 1380 et 1381 et au Mans en 1392. Elle participa à l’expédition de Bretagne de 1380. En 1388, il rendit aveu au Comte du Maine. Il mourut en 1407 et fut inhumé dans l’abbaye de Champagne. Il avait épousé Fleurie de Linières en 1395 et avait eu 5 filles : - Jeanne de Tucé, Dame de Tucé, de la Guierche, de Milesse - Marguerite de Tucé épousa Michel Ferrière, seigneur de Montfort le Rotrou, puis Jean de Meurdrac. Dame de Courmenant en 1458, elle mourut en 1459. - Marie de Tucé épousa Luc Hue Legros, chevalier, seigneur de Brestel, dont elle eut Louis Legros, futur Louis de Tucé - Philippe de Tucé, religieuse - Catherine de Tucé épousa Lancelot d’Andigné, seigneur de Rouez et d’Angrie, dont elle eut Marie d’Andigné, qui épousa Jean d’Ingrande. C’est ce dernier qui était seigneur de Courmenant en 1460.

Jeanne de Tucé et Baudouin de Champagne
Lorsque son père mourut en 1407, c’est Jeanne qui hérita de ses biens : les seigneuries de Tucé, Villers, Courmenant et la Guierche et la baronnie de Milesse. C’est l’oncle de son père, Jean de Tucé, qui les administra jusqu’en 1413, lorsque Jeanne se maria avec Guillaume de Sourches. Guillaume était encore vivant en 1423. En 1424, Jeanne était mariée avec Baudouin de Champagne, un important personnage du Duché d’Anjou. Il était chevalier, chambellan de Sicile (le Duc d’Anjou était Roi de Naples). Il représenta notamment ce roi lors d’un voyage à Venise. Il fut capitaine du Mans. C’est donc lui qui défendait la ville du Mans lorsqu’elle fut prise par les Anglais de Thomas Montaigu, comte de Salisbury, en 1425 et qui la reprit avec l’aide de la Hire, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, en 1427. Il fut aussi capitaine de Tours et bailli de Touraine de 1431 à 1440. Cependant, les habitants de la ville de Tours se plaignirent de ses absences fréquentes, en particulier lorsqu’ils durent se défendre contre les Anglais. Il semble que les deux époux de Jeanne de Tucé prirent tous les deux les noms et armes de Tucé. Jeanne fit son testament en 1453 et, lorsqu’elle mourut en 1458, son neveu Louis le Gros hérita des seigneuries de Tucé, Villers et de la baronnie de Milesse, sa sœur Marguerite de Tucé hérita de la seigneurie de Courmenant. Baudouin garda la seigneurie de la Guierche jusqu’à sa mort en 1463. C’est sa nièce Jeanne Legros, épouse de Robert Biote, qui en hérita.

Louis de Tucé
Ecuyer, il fut seigneur de Tucé et Villers et baron de Milesse de 1458 jusqu’à sa mort en 1482. Il avait épousé Martine Marie Quentin, dont il eut 3 enfants : - Guillaume de Tucé - Girard de Tucé épousa Isabeau Thieslin. Leur fils, Pierre de Tucé eut, avec son épouse Renée d’Achè, Jacques de Tucé, qui hérita de la seigneurie de Bouër. Jacques se maria avec Madeleine de Vassé et chacun de ses trois enfants fut seigneur de Bouër : Pierre, François puis Gilles. - Jeanne de Tucé, Dame de la Laire, épousa Jean de St Bertherin

Guillaume de Tucé
Il fut seigneur de Tucé de 1482 jusqu’à sa mort en 1486. Sa femme Jeanne de Champagne lui avait donné deux enfants au moins : - Baudouin de Tucé - Jeanne de Tucé épousa Alain de Garadeux, seigneur de Neuvillette et des Aunays

Baudouin de Tucé

Il fut seigneur de Tucé, de la Blanchardière, de Bouër et de Villers et baron de Milesse de 1486 jusqu’à sa mort en 1529. Sa fille, Jeanne de Tucé, avait épousé François de Beaumanoir, qui devint seigneur de Tucé.
La maison de Tucé s'est éteinte définitivement avec la mort du général Adrien de Tucé en 1888.

Notes complémentaires transmises le 15 juin 2011 par
Gérard PICHON , membre adhérent de la Société historique et archéologique du Maine.

Les Tucé de Bouër sont originaires de la branche issue de Richard de Tucé seigneur de Bouër et Comererie et de Lucette d'Aunoys. Ce dernier, ayant été complice de Pierre de Craon pour la tentative d'assassinat du connétable Olivier de Clisson, le roi Charles VI l'a déchu de ses biens qui ont été restitués en 1407 à son fils Guillaume de Tucé, Seigneur du Grez , de Bouër , Dollon. Marié à Gilonne d'Illiers dame du Grez à Marboué (sources E Vallée 1905 ) : Ils ont eu cinq enfants :
Beaudoin de Tucé, marié à Jeanne des Escotais,
Guillemette, mariée à Hugues de Prunelé
Alix mariée à Oudart de La Vove,
Jean, chanoine de Chartres,
Louise mariée à Jean de Villiers.

Guillaume de Tucé était le beau-frére de Florent d'Illiers, compagnon de Jeanne d'Arc au siège d'Orléans
Beaudoin de Tucé et Jeanne des Escotais ont un fils Jacques, seigneur de Bouër marié à Magdeleine de Luxembourg,fille naturelle de Philippe de Luxembourg 1445-1519), évêque du Mans
Jacques de Tucé et Magdeleine de Luxembourg ont trois enfants:
François , protonotaire du Saint Siège , aumonier du roi
Gilles,  seigneur du Grez
et Pierre, seigneur de la chevalerie, marié à Jeanne de Saint Germain, remariée à René de Vanssay après le décès de Pierre vers 1532

Gilles de Tucé a eu trois filles, Anne, mariée à René de Chézelles,  Mélusine mariée à Antoine de Beauxoncles, Philomène mariée à Charles de Chézelles
Pierre de Tucé et Jeanne de Saint Germain ont un fils Lazare marié à Ruth Vavasseur.
il est possible que Richard de  Tucé de Bouër  trouve son origine avec les Tucé de Courmenant.

Sources : ( E Vallée, A Bouton , Archives du Cogner  Chartrier de Grandchamp, A D de la Sarthe Société d'Agriculture de la Sarthe,  SHAM , comté de Dunois  C Métais )

 


La saga des Beaumanoir

A. Généalogie  (ascendante)

B. Quelques figures marquantes

Jean 1er de Beaumanoir
Seigneur de Landemont, de Boisbelle, issu d'une famille noble de Bretagne ( à ne pas confondre mais pourtant de la même famille qu'un autre Jean de Beaumanoir, compagnon de Du Guesclin qui rendit célèbre cette famille pour avoir été le provocateur et l'un des champions du combat de trente bretons contre trente anglais). Jean 1er de Beaumanoir épousa Marie, fille de Foulques Riboul ( ou Riboulé ) seigneur d'Assé le Riboul et de Lavardin et de Jeanne de Montejean
Jean de Beaumanoir fut chambellan de Charles VII, puis gouverneur de Melun et enfin, chargé en 1426 de la garde du château de Sablé par Anthus comte de Richemont, connétable de France et duc de Bretagne. Jean qui a laissé un testament daté de 1459 paraît être le premier de cette famille à s'être fixé dans le Maine où ses descendants acquirent une solide réputation. Réputation de gens d'armes comme peut le prouver l'exemple suivant; on peut en effet, penser que c'est Jean de Beaumanoir qui avec un grand nombre de gentilshommes manceaux (de Vignoles, de Tucé, de Maridor, de Saint Aignan, de Montfaucon) surprit la ville du Mans occupée par les anglais commandés par Saffolk en 1421

François de Beaumanoir
Seigneur de Lavardin, petit fils de Jean 1er de Beaumanoir, épousa le 9 Juillet 1525 Jeanne de Tucé, dame de La Guierche, fille de Beaudoin de Tucé, baron de la Milesse et veuve de Claude d'Aumont. Par ce mariage, la seigneurie de Tucé est passé dans la maison des seigneurs de Lavardin du nom de Beaumanoir. Ces derniers y fixeront leur principale habitation et lui donnèrent ainsi qu'à la paroisse le nom de Lavardin qui remplaça donc celui de Tucé et le joignirent à leur nom de Beaumanoir.

Charles de Beaumanoir
Seigneur de Lavardin et fils de François, il appuya de tout son pouvoir le parti de la Réforme, notamment lorsque les religionnaires s'emparèrent de l'autorité dans la ville du Mans le 1er avril 1562. Il fût l'une des victimes de la Saint Barthélemy en 1572. On raconte à son sujet qu'un des égorgeurs nommé Pierre Loup, procureur du parlement, entre les mains duquel il tomba et qui cherchait apparemment à le sauver, répondit à ceux qui le pressaient de le tuer "Je n'y suis pas disposé en ce moment, il faut attendre que je me mette en colère". Il lui prolongea ainsi la vie de quelques heures. Mais de nouveaux hommes envoyés par Charles IX lui-même l'arrachèrent des mains de ce procureur. Ils le traînèrent vers le Louvre, il fût assassiné en chemin et jeté dans la Seine.

Jean III de Beaumanoir
Marquis de Lavardin, connu sous le nom de maréchal de Lavardin, il naquit en 1558 du premier mariage de Charles avec Marguerite de Chource , fille de Félix, seigneur de Malicorne et de Marguerite de Baïf. Élevé près du Roi de Navarre, il porta les armes dès l'âge de dix huit ans et se trouva en 1569 au siège de Poitiers dans les rangs des protestants dont il abjura la croyance après la mort de son père, sans toutefois, abandonner leurs drapeaux, puisqu'en 1580 étant colonel de l'infanterie française, il emporta avec eux Villefranche en Périgord et Cahors. Cependant, étant devenu suspect à ce parti, il se retira auprès des seigneurs de Malicorne, son oncle maternel.
En 1586, pendant. l'absence du duc de Joyeux, Henri III lui confia le commandement de l'armée. L'année suivante, il combattit à la bataille de Coutras. En 1574, il avait aussi assisté au siège de Domfront en Passais à la suite duquel, l'infortuné Montgomery qui avait eu le malheur de tue Henri II dans un tournoi, fut fait prisonnier et conduit à Paris où il eût la tête tranchée un mois après.
Jean III de Beaumanoir accompagna Henri, Roi de Navarre, lorsque celui-ci s'évada de la Cour au mois de février 1573 et s'en fut rejoindre les princes de sa famille à Alençon. Il suivit le même prince au Mans. Il fût chargé de la défense de St-Denis en 1591 en même temps que l'un de ses compatriotes, le comte de Belin qui commandait dans Paris pour le parti opposé. Enfin, il se trouvait dans la voiture de Henri IV lorsque celui ci fût assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610.
Pour le récompenser de ses services, Henri IV lui avait donné le gouvernement du Maine, des comtés de Laval et du Perche, le collier de ses ordres et le grade de maréchal de France. Il érigea en sa faveur la terre de Lavardin en marquisat et lui confia le commandement de son armée en Bourgogne en 1602. Comme gouverneur du Maine, le maréchal de Lavardin joua un grand rôle dans cette province. Sa fortune ne fût pas moins brillante sous Louis XIII au sacre duquel il remplit les fonctions de Grand maître et par qui il fût envoyé en Angleterre en 1612 comme Ambassadeur extraordinaire. Ce fût au retour de cette mission qu'il mourût à Paris au mois de novembre 1614. Son corps fût ramené au Mans et déposé par l'évêque Charles de Beaumanoir, son fils, dans un caveau sépulcral placé devant l'autel St-Jean de la Cathédrale. En 1715, le maréchal de Tessé, héritier de cette famille, fit graver sur une grande table de marbre incrusté dans le mur l'épitaphe généalogique de ceux des seigneurs qui y ont été inhumés.

Henri 1er de Beaumanoir
Marquis de Lavardin, comte de Nègrepelisse, de Beaufort en Vallée, seigneur de Malicorne, Maignée, la Milesse, Lavardin - Tucé, il est le fils aîné du maréchal et succéda à son père aux gouvernements du Maine, de Laval et du Perche. Il mourut en mai 1633.

Charles de Beaumanoir
Soixante dixième évêque du Mans, troisième fils du maréchal de Lavardin et de Catherine de Carmain, Comtesse de Nègrepelisse, il naquit au château de Lavardin - Tucé en 1586. Il embrassa l'état ecclésiastique auquel il fût destiné très jeune. Pourvu dès l'âge de huit ans de l'Abbaye de Beaulieu, il fut nommé à quinze ans à l'Évêché du Mans dont il ne prit possession qu'au mois de novembre 1610. Ces faveurs furent la récompense des services que son père avait rendus à Henri IV dont il avait constamment suivi le parti.
A son arrivée au Mans, Charles supprime l'entrée pompeuse que l'on avait faite jusqu'alors à ses prédécesseurs. Sous son épiscopat, vingt quatre maisons religieuses furent établies dans le diocèse (y compris les Oratoriens qu'il appela au collège séminaire du Mans: actuel Lycée Montesquieu ). Député aux états généraux en 1614 et à l'assemblée générale du clergé en 1625, il eut une vie très riche, secondant par exemple, le cardinal de Lyon, frère du cardinal de Richelieu. Il mourût de la gravelle dans le château d'Yvré le 17 novembre 1637, âgé de cinquante deux ans. Les historiens s'accordent à louer le mérite et l'esprit conciliant de l'évêque Charles de Beaumanoir.

Henri II de Beaumanoir
Chevalier, marquis de Lavardin, fils de Henri 1er et petit fils du maréchal, il fut conseiller du Roi, maréchal de camp. Il reçut un coup de mousquet au :siège de Gravelines dans la nuit du 28 au 29 juin 1644. Il mourut cinq jours après, à l'âge de vingt six ans. Son corps reposa pendant vingt sept ans dans la chapelle du château de Malicorne, puis, il fut porté à la cathédrale du Mans dans le tombeau de famille. Marguerite de Rostaing, sa seconde épouse, fît don au chapitre de deux fermes pour la fondation d'un service annuel et d'une messe quotidienne à perpétuité.

Henri Charles III de Beaumanoir
Marquis de Lavardin, fils unique de Henri II de Beaumanoir et de sa seconde épouse fille de Charles, marquis de Rostaing, seigneur de Sainte Sabine. Le Marquis de Lavardin fut envoyé en ambassade à Rome en 1687 à la place du duc d'Estrées, de la mort duquel le pape Innocent XI voulut profiter pour abolir les franchises ( exemption d'impôts ...) dont jouissaient dans la capitale du monde chrétien, les ambassadeurs. Louis XIV qui avait à se plaindre du pape voulut maintenir ses droits et chargea le marquis de Lavardin de les soutenir. Cette affaire dura bien longtemps et fut conclue sous le pape Alexandre VIII en 1690, où les protagonistes furent quasiment mis dos à dos. Les marquis de Lavardin mourut à Paris le 29 août 1701 et inhumé dans le caveau de famille dans la cathédrale Saint Julien.

Le marquisat de Lavardin et le titre de ce marquisat passèrent dans la maison de Froullay par suite du mariage de René II de Froullay, comte de Tessé et baron d'Ambrières et de Vernie avec Magdeleine, fille d'Henri 1er de Beaumanoir et de Marguerite de la Baume Suze

La Maison de Froullay, les derniers seigneurs de Lavardin

 

René Mans IV de Froullay, marquis de Lavardin
Né en 1681, il succéda à son père dans la plupart de ses charges et dignités. Ayant accompagné celui-ci dans sa seconde expédition d'Italie, il fut blessé dans une sortie de la ville de Mantoue, le 22 mai 1702. Plus tard, devenu Grand d'Espagne, par la cession que lui fit son père de cette qualité, puis maréchal de camp en 1707, il obtiendra en 1724 le titre de chevalier des ordres du roi et la fonction de lieutenant général des armées françaises. La retraite de son père l'avait mis en possession du marquisat de Lavardin, dès la fin de 1711. Il mourut au Mans en l'an 1746. Il avait épousé en 1706, Marie Élisabeth Bouchu, marquise de l'Essart. Il en eu quatre enfants:

·         René Mans qui naquit en décembre 1707, l'aimé de la famille

·         René François, son second fils, avait embrassé le métier des armes. Il reçut les insignes de chevalier de Malte. Il était parvenu au grade de Colonel d'infanterie dans le régiment de la reine, quand éclata en Italie, la guerre entre l'Autriche et le Piémont pour rétablir, dans les duchés de Parme et de Milan, l'autorité de Don Philippe, gendre de Louis XV et fils de Philippe V, Roi d'Espagne. Blessé à la bataille de Plaisance, il mourut des suites de ses blessures en 1746, la même année que son père.

         Le troisième fils, François René Marie, mourut à la fleur de l'âge au château de Lavardin. Il n'avait que 23 ans. Son corps fut inhumé dans l'église paroissiale le 1er mars 1734. C,'était un jeune homme de grande espérance. Très jeune encore, il était déjà chargé de distinctions et d'honneurs : lieutenant de vaisseau, brigadier des armées royales, colonel du régiment de Champagne, commandant des chevaliers de St-Jean de Jérusalem.

         Anne Angélique, quatrième enfant de René Mans IV se maria en 1738 à Gilles Henri de Chavagnac, capitaine de vaisseau, mort en revenant de Jamaïque et sans postérité. Elle mourut en 1771.

René Mans V de Froullay
Du vivant de son père, René Mans V de Froullay qui était déjà colonel du régiment de la Reine fut nommé brigadier des armées en 1740. Il faisait parti du corps expéditionnaire qui passa en Allemagne, lors de la guerre pour la succession d'Autriche, quand il fut tué le 22 Août 1742 à la fameuse sortie de la garnison de Prague devenue nécessaire par suite de la coalition qui s'était formée entre les forces de Marie-Thérèse et celles du Roi de Prusse. Après sept ans de mariage avec Marie Catherine de Béthune Charest, il laissait deux fils: René Mans, qui avait six ans à la mort de son père et ArmandeÉlisabeth qui mourut sans alliances en 1763, à l'âge de vingt et un ans.
En prenant la tutelle de ses deux jeunes enfants, l'épouse de celui qui était aussi colonel de Tessé voulait s'acquitter dignement des devoirs que lui imposait la mort de son mari. Elle commença par se rendre compte de la situation de sa fortune et de l'état de ses domaines. A cet effet, elle fit venir du Mans deux experts prud'hommes qu'elle chargea de dresser un état des lieux. Ils visitèrent le marquisat de Lavardin dans toute son étendue. Leur travail, commencé le 5 Août 1743, dura huit jours. Quand ils l'eurent achevé, ils le remirent à Madame de Tessé.
On ne saurait se figurer dans quel état de délabrement et de dégradation se trouvaient les fermes, les châteaux, les marais, surtout ceux de Lavardin. La muraille de l'ancien château s'était écroulée vers le nord ouest, sur une longueur de plus de cent pieds. Partout on ne voyait que couvertures endommagées, murs lézardés. Aux entablements, les pierres désunies ne tenaient plus. Les châssis des fenêtres brisés ou pourris étaient privés de vitres ou ne pouvaient les retenir. Au château-neuf, l'une des marches du perron avait disparu, la porte d'entrée gravement endommagée n'offrait plus de résistance. A l'intérieur des édifices, on ne rencontrait que des dalles dépavées et dont les parquets ou boiseries s'en allaient en lambeaux. Partout, l'image de la ruine et de la désolation. Après examen, il fut reconnu que, pour exécuter les restaurations les plus indispensables, il fallait une somme extraordinaire. Cet état de décadence, qui n'était sans doute pas alors particulier à notre marquisat, avait sa source dans plusieurs causes dont les principales devaient être, surtout depuis le règne de Louis XIV, l'abandon presque habituel de la province pour la capitale de la part de la noblesse et les dépenses excessives durant les séjours à la Cour.

René Mans VI de Froullay
Né le 9 octobre 1736, le dernier marquis de Lavardin fut René Mans VI, comte de Tessé, vicomte de Beaumont et de Fresnay, baron de Vernie et d'Ambrières, Grand d'Espagne, . lieutenant général pour le Roi, dans le Maine, le Perche et le Comté de Laval, premier écuyer de la Reine au début de la Révolution. Ne voulant pas souscrire aux nouveaux principes, il se vit obligé de s'expatrier et d'abandonner toutes ses propriétés.
Dès l'année 1755, il était uni par le mariage à Adrienne Catherine de Noailles. Elle ne lui laissa aucune postérité. Lors du nouveau régime, Lavardin fut d'abord chef-lieu de canton, mais ce titre ne tarda pas à être transféré à Domfront, pour être fixé définitivement à Conlie. Pendant cette époque, Monsieur de Tessé se trouva privé de la plus grande partie de ses biens qui avaient été vendus par la Révolution. La plupart des châteaux et manoirs sont aliénés. Le vieux château fut réservé pour en faire une mairie.
Le neuf messidor an huit (29 Juin 1800), le citoyen Jules Lebreton et son greffier, le citoyen Poisson s'étant transportés au~ci-devant château de Lavardin pour lever les scellés apposés sur les archives de l'administration municipale, conformément à la loi du 17 Ventôse précédent, assistés de René Lemarchand, maire de Lavardin et reconnaissait que tout était dans le même état qu'autrefois. Au retour de l'exil, il restait encore à Monsieur de Tessé, outre le château de Lavardin, celui de Mézières, dit le Vieux Lavardin, son hôtel de Tessé dans la ville du Mans (non loin du pilier rouge) et la forêt de la Bazoge. Ce qui lui restait de son immense fortune lui permettait encore, à cette époque, de vivre peut être plus richement. On sait que dans les dernières années de sa vie, il céda son hôtel de Tessé, pour en faire un séminaire et un évêché, aux départements de-la Sarthe et de la Mayenne. Le comte de Tessé, dernier seigneur et marquis de Lavardin, est décédé à Paris le 21 Janvier 1814, âgé de soixante dix huit ans. Il ne laissait pour héritiers que deux cousins: Vigil Louis comte de Chavagnac et Jacques Thomas, comte de Espinchol, appartenant l'un et l'autre à deux maisons d'Auvergne. Le premier est mort à Paris, le 8 janvier 1819; le second à Maniac (Cantal) le 16 janvier 1823.

 

 

 

CURES ET VICAIRES DE LAVARDIN

Georges Beauclair de 1672-1702
avait quitté Lavardin mais y était revenu en 1705 pour la célébration du baptême d’une fille de Gilles Pasquier, intendant du marquisat de Lavardin. Il fut enterré en 1718 dans l’église de Lavardin.

Thomas Perris de 1707 à 1740
a procuré ses cloches à l’église et les a baptisées des noms de leur parrain et marraine  René et Marie; comte et  comtesse de Tessé. (enterrés à l’église).

Joseph Péan a acquis en 1839, en son nom, le presbytère et les trois champs attenants pour 13.000 francs de l’époque. Ce qui a ensuite constitué le domaine. Il céda presqu’aussitôt après l’édifice et le jardin à la commune de Lavardin pour le somme de 10.000 francs. Il conserva les trois champs dont il fit don au curé avant de mourir. Ces trois champs n’avaient jamais appartenu au presbytère, ils faisaient partie du domaine seigneuriale. Celui le plus près de la cure servait de jardin potager au château. Monsieur Péan, par son testament, en fit don à la commune de Lavardin sous la condition expresse que ces biens ne seraient jamais aliénés... En achetant le presbytère, le conseil municipal avait stipulé que l’Abbé Péan ferait construire à ses frais une “maison école”. Pour honorer son engagement, il la fit donc bâtir sur son terrain au nord du presbytère et à l’extrémité des trois champs déjà cités. Cette maison devenue ensuite l’école des filles avait d’abord été destinée à loger un frère de l’institution Ste Croix. Mais ce projet n’eut pas lieu”
(Notes de Madame Foulard transmises par Mme Ratti)