Le catharisme en bref

Le catharisme est une dissidence religieuse, qui a pris naissance et s’est développée dans le Languedoc au XIIème siècle. À partir de 1209, les dissidents du Midi ont été désignés par les croisés sous le nom d’Albigeois ; quant aux inquisiteurs, ils n’emploient que le terme d’hérétiques. Cette dissidence s’inscrit clairement dans le prolongement de la réforme ecclésiastique du XIème siècle, fondée sur le retour à la vie évangélique. Le catharisme s’élabore progressivement, à partir d’un évangélisme radical, que certains des clercs opposent à l’Église en tant qu’institution, et à ses prêtres.

Les cathares appuient leur foi sur la Bible, à l’exclusion de toute autre source. Leur oraison est le Notre Père. Leur théologie met en avant l’Esprit et la Pentecôte, plutôt que le Christ de la Passion. Ils n'avaient pas de lieu de culte, peu de sacrements et niaient l'eucharistie. La Rédemption, le salut ne viennent que du "baptême d’Esprit et de feu" que confère le clergé des Bonshommes, ainsi nommés car ils sont porteurs de l’Esprit, lo Be en occitan. Ce baptême, dit consolament, consolation, puisqu’il consiste dans la réception de l’Esprit Paraclet, sacrement d’ordre pour les adultes auxquels il est administré et sacrement de pénitence absolutoire pour les mourants. Les cathares croient en la métempsycose, réincarnation de l'âme après la mort dans un corps humain ou celui d'un animal. Les hommes qui n'avaient pas été consolés voyaient donc leur âme errer, jusqu'à 9 fois, d'être en être et se réincarner dans un autre homme, une femme ou un animal qu'il était donc interdit de tuer car pouvant abriter une âme. La fin du monde n'était pas catastrophique mais une extinction progressive, les âmes sauvées désertant la terre et Satan restant seul dans son néant. Il n’y a place ni pour le Jugement dernier ni pour l’Enfer, puisque l’au-delà n’est que perfection.

Son caractère élitiste en fait une religion minoritaire, cette faiblesse numérique et son absence de tout caractère populaire favorisent sa disparition rapide, quand la répression s’abat sur lui, laquelle prend deux formes successives : la croisade et l’Inquisition. Le meurtre du légat pontifical, Pierre de Castelnau, en janvier 1208, correspond à une mise en cause du pouvoir du pape. La guerre sainte va durer 20 ans. Mais si les citadelles tombent, l'hérésie n'est pas vaincue. En 1226 une seconde croisade commence avec à sa tête le roi de France en personne. Mais l'hérésie résiste et c'est l'inquisition qui prend les choses en main et est confiée aux dominicains. Les derniers albigeois tentent de résister dans des forteresses inaccessibles, Montségur, Puilaurens, Quéribus.

L'Inquisition est mise en place en 1233 et confiée aux frères prêcheurs (futur ordre Dominicain). Des chevaliers Occitans révoltés assiègent Carcassonne puis massacrent les inquisiteurs. C'est le début d'une seconde campagne militaire qui voit le siège de Montségur (1244) défendu par Pierre-Roger de Mirepoix ; la citadelle est pris au bout de 10 mois et 210 Parfaits périssent par le bûcher. Le dernier Parfait connu, Bélibaste sera brûlé en 1321 à Villerouge-Terménès. La guerre albigeoise se termine en 1255 avec la prise de Quéribus, dernier bastion du catharisme.

Mise en place pour préserver le salut et la vie éternelle des chrétiens, l’Inquisition substitue à la procédure accusatoire publique une procédure d’office totalement secrète, à huis clos et sans avocat. L’Inquisition prononce cependant des châtiments sévères : le bûcher, la prison, le port de signes infamants (des croix, homologues à la rouelle des juifs). Non seulement juge, mais aussi confesseur, l’inquisiteur tente d'obtenir du prévenu un aveu qui ouvre la voie au repentir, à la pénitence et au salut. La torture, est autorisée par Innocent IV à partir de 1252

Simon de Montfort